Le 01 décembre 2017
EDUCATION ALTERNATIVE
La vie nous invite tous à faire de grands choix : l’orientation quand on est jeune, les changements de travail ou la nécessité de se réinventer une vie professionnelle quand on est adulte, une seconde vie à construire une fois à la retraite. Avec parfois pour toute réponse un point d’interrogation. Gigantesque et vertigineux.
Pourquoi est-il si difficile à un moment ou à un autre d’avancer sur le chemin ? De trouver son propre chemin ? Les enfants pourraient nous le dire : c’est parce que nous nous sommes perdus en cours de route ! Qu’avons-nous fait de notre cœur d’enfant ? Qui suis-je ? De quoi ai-je envie ? Qu’est-ce qui m’anime, me fait vibrer, m’enthousiasme ? Qu’est-ce qui donne du goût et de la couleur à ma vie ? Ce chemin de vie, ne s’agirait-il pas en réalité de le retrouver ?
L’enfance : une connexion naturelle à soi
Observons nos enfants ! Inspirons-nous d’eux ! Naturellement connectés à eux-mêmes, ils font leurs choix par joie et par enthousiasme, par un entrain et une force de vie qui proviennent du plus profond d’eux, en réponse au plus grand besoin qui soit : celui d’Être.
Il y a quelque chose de particulièrement émouvant dans cette réalité. C’est pour nous, parents, de prendre conscience de l’importance de chérir et d’encourager tout ce qui génère de la joie, du plaisir, de la curiosité chez nos enfants. Aussi forts qu’ils soient par cette connaissance innée de leurs besoins, les enfants n’en restent pas moins fragiles parce que dépendants de notre bon vouloir. C’est donc par notre amour et un profond
respect de ce qu’ils sont vraiment qu’ils vont pouvoir cheminer librement, grandir et se construire au mieux, pour être en mesure
ensuite de faire les choix les plus justes pour eux. C’est une grande et belle responsabilité qui nous incombe !
Liberté, confiance et audace dans le choix de leurs activités
Les enfants savent ce qui va les nourrir et répondre à leurs aspirations profondes. Permettons-leur de rester fidèles à cela, de s’ouvrir à tous les possibles qu’ils se donnent – sans aucun jugement – et autorisons-les à aller là où leur cœur les y invite – et non pas là où l’on souhaiterait qu’ils aillent. En leur faisant confiance, nous les aidons à s’affirmer et à prendre confiance en eux.
La question n’est pas de leur laisser faire tout et n’importe quoi sous prétexte que cela leur plaît. Notre rôle de parents est bien celui de les accompagner. C’est donc à nous de faire la part des choses et de décider de la suite à donner à leurs multiples envies. Les arbitrages seront d’autant plus faciles à faire que l’on aura observé et écouté attentivement nos enfants : les passions et véritables centres d’intérêt prennent beaucoup de place dans leur quotidien, ce sont des sujets extrêmement récurrents.
Leur donner les moyens et le temps nécessaires
Identifier ce qui anime nos enfants est une chose, leur permettre de le vivre pleinement et d’en faire le tour jusqu’à ce qu’ils en soient « rassasiés » en est une autre. À nous d’être créatifs et patients, pour leur proposer le plus de portes d’entrée possible pour approfondir leurs centres d’intérêt.
Notre fils de 7 ans était passionné de pierres. Pendant deux bonnes années, intenses, il a consacré énormément de temps à ce sujet. Il en a fait le tour avec des livres, des films, des sorties nature, un kit de matériel, des visites d’expositions et de musées, des rencontres, il a rempli sa chambre de ses
plus belles trouvailles. Dans la joie et le plaisir, il a beaucoup appris par lui-même et a fini par devenir un « expert » de son domaine de prédilection. Aujourd’hui, il semble s’en détacher au profit d’autres centres d’intérêt qui suscitent en lui le même enthousiasme et la même soif de découvertes. Le processus redémarre. C’est un peu comme si le premier étage de la tour était fini, solide et bien ancré, et qu’il s’agissait maintenant de construire le deuxième. Puis ce sera au tour du troisième, etc., les étages faisant peu à peu grandir la tour, chacun contribuant à la stabilité de l’ensemble. Reste le plus important : veiller à prendre soin de l’ensemble des étages pour que la construction perdure dans le temps.
Réaliser son Être est une source de joie profonde. Puissions-nous accompagner nos enfants dans ce sens pour qu’ils développent une bonne connaissance d’eux-mêmes et puissent être des adultes épanouis, solides et confiants dans leurs richesses intérieures.
Noël arrive à grands pas, je souhaite une bonne réflexion au Père Noël !
Posté par Muriel Fallet